Double Programme (1)

Au programme, deux productions Charles Band avec des objets inanimés qui ont une âme dedans.

Tourist Trap, David Schmoeller, 1979. Une bande d’amis trouve refuge, après une panne de jeep, dans un musée de cire isolé, L’Oasis Perdue de Slausen. « C’est inouï ce qu’elles sont vivantes » s’exclame une protagoniste en désignant les locataires du lieu. Elle ne croit pas si bien dire tant les poupées de cire de l’étrange Monsieur Slausen cachent bien leur jeu. Il n’y a pas qu’elles d’ailleurs.

Dolls, Stuart Gordon, 1987. Un couple bourgeois/hautain/prout-prout (ne rayez pas la mention inutile) et leur petite fille échouent, par une nuit d’orage et alors que leur voiture est embourbée, dans un manoir tenu par un vieux couple de prime abord accueillant. Ils sont bientôt suivi dans leurs déboires par deux nénettes un peu punk sur les bords ramassées en chemin par un bon samaritain. La bâtisse est remplie de poupées. « La plus longue nuit du monde », dixit la gosse, débute, alors que les poupées douées de vie malmènent violemment ceux qui ont eu le malheur d’oublier chez eux leur âme d’enfant. Spoiler qui ne se mouille pas: l’infâme belle mère de la gamine y passe.

On a ici deux traitements radicalement différent et intéressant de deux sujets pourtant très similaires. Tourist Trap joue beaucoup sur le suspense et le surréalisme, ce dernier élément renforcé par la partition de Pino Donaggio (compositeur sur plusieurs métrage de Brian de Palma), qui confère au métrage une atmosphère tour à tour inquiétante et bizarrement guillerette. Dolls par contre est un pur produit des années 80. Ici la violence est plus graphique mais indéniablement plus fun. A noter que Guy Rolfe, le vieux monsieur dans Dolls, endossera quatre ans plus tard le rôle du fabricant de marionnettes maléfique André Toulon à partir du troisième Puppet Master… encore une production Charles Band!

JL… Follow me Happy People!!

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Spaced (1999-2001)

Il y aurait donc eu en nos contrées une diffusion de l’excellentissime série Spaced du non moins excellentissime réalisateur Edgar Wright (Shaun Of The Dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim, Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, et Baby Driver dernièrement). Sur la chaîne Comédie et sous le titre Les Allumés.

Sorti en 1999 et bien avant que le geekisme ne soit tendance, Spaced série coécrite par Simon Pegg et Jessica Stevenson, fait son entrée dans la petite lucarne Outre Manche sur Channel 4.

L’histoire est simple. Lui, Tim Bisley (Simon Pegg, formidable), auteur et vendeur de comics, fan de skate,Star Wars et Gillian Anderson, se fait douloureusement plaquer par sa petite amie et dès lors se retrouve à la rue. Elle, Daisy Steiner (Jessica Stevenson, formidable) écrit et est à la recherche d’un logement. Ils se rencontrent, font front commun, compulsent les petites annonces ensemble. Il y a bien une annonce intéressante mais la logeuse recherche un couple. Advienne que pourra, Tim et Daisy se font passer pour un couple. Ils pousseront même assez loin leur préparatif concernant leur passif ensemble dans une scène jubilatoire.

Viendront se greffer au fur et à mesure de l’histoire une galerie de personnages haut en couleur et attachant. Il y a d’abord, Marsha (Julia Deakin), la logeuse au phrasé si particulier, en conflit permanent avec sa fille. Mike ensuite (Nick Frost), copain de Tim, militaire tout en moustache et treillis, recalé de l’armée pour avoir voulu envahir Paris avec un tank (!?!) et distrait in extremis dans sa mission par… EuroDisney! Brian (Mark Heap) lui, est l’artiste décalé et torturé du rez-de-chaussée. Et qui accessoirement a eu une liaison de courte durée, et pas vraiment torride, avec Marsha. Et Il y a Twist (Katy Carmichael), la bonne copine fashion victime et superficielle (en clair un vrai cliché ambulant) de Daisy.

Cette amorce d’histoire pourrait rester simpliste si les auteur(e)s n’étaient pas doué d’un réel sens du timing comique et d’une connaissance inouïe des codes du cinéma de genre et de la pop culture. Car oui, Spaced n’est pas une sitcom qui avance sans risque d’un point A à un point B. Les clins d’oeil au 7éme art sont légions et la réalité dérape en permanence.

C’est bien simple, les références pleuvent à chaque épisode, évidentes ou obscures, dans les dialogues ou les images, ou par un simple effet de mise en scène. On a en vrac Jurassic Park, Star Wars, Resident Evil, Sixième Sens, Matrix, Grease… la liste est très très loin d’être exhaustive.

Dans l’une des scènes d’ouverture d’un épisode de la saison 2, Brian, photographe à ses heures, développe une série de clichés prise lors de la fête d’anniversaire de Daisy. Brian découvre avec effroi quelques détails, primordiaux pour le reste de l’épisode. La scène aurait pu en rester là. Sauf que l’habillage sonore de la séquence reprend celui de la scène d’intro de Massacre à la Tronçonneuse (le bruit de l’appareil photo qui prend des clichés des cadavres, ponctué d’un son à la fois strident et macabre).

On a ici un numéro d’équilibriste permanent, hommages et citations venant s’intégrer à merveille à la narration des 14 épisodes (voir le gunfight mimé dans l’allée façon John Woo, un pur moment régressif!), le tout dynamisé par une distribution d’une coolitude absolue. Un casting excellent autant dans les personnages principaux que les seconds couteaux (Peter Serafinowicz en tête, dans le rôle du rival tête à claque de Tim, et qui a accessoirement un rire bizarre qui tient plus de l’extase que du rire franc!)

On peut aussi constater, au détour de certaines scènes, des effets de styles qui seront récurrents dans les métrages d’Edgar Wright.

Spaced n’aurait pu être qu’une énième sitcom impliquant une bande de potes qui se coltinent le quotidien et ses petits tracas. Mais, entre les persos dont on se sent vraiment proche, les situations tellement familière… alors oui c’est là le principe des sitcoms… sauf qu’ici on a ce petit quelque chose, ce petit supplément d’âme, ces envolées à la fois surréaliste et tellement drôle, qui font toute la différence.

Bref, si ce n’est pas encore fait, jetez vous sur Spaced (pour l’avoir revu dernièrement pour cet article, je trouve que la série vieillit vraiment bien, et c’est sympa de voir Pegg et Frost à leur début), et pour ceux qui connaissent déjà, vos retours sont les bienvenus!

JL

Pulp Fiction à peu près…

Diableries – Aventures Stéréoscopiques En Enfer (2013)

Un bel objet? Un beau livre? Les deux!

Diableries est né de la passion commune de Brian May (oui, on parle bien ici du guitariste du groupe Queen!), de Denis Pellerin, un historien français, et de Paula Fleming, américaine, historienne de la photographie et archiviste au Smithonian Institute, pour cette collection de cartes qui dépeint sous un angle caustique et politiquement engagé des tranches de vie situées en Enfer, avec dans le premier rôle le Diable en personne, secondé dans sa tâche par une troupe de joyeux (quoique) squelettes.

Ces Diableries, au delà de leur simple valeur artistique, ont ceci d’intéressant qu’elles fonctionnent par le biais du procédé appelé stéréoscopie. On peut ainsi consulter ces images de figurines d’argile, à la fois macabre et merveilleusement façonnées, à l’aide d’un appareil oculaire qui offre un rendu 3D de l’enfer et de ses habitants.

Les Diableries font leur apparition au 19ème siècle durant le Second Empire sous le règne de Napoléon III qui avait rétabli la censure en 1852. Chaque œuvres, informations, photographies, livres, satires… tout ce qui était possible d’être consulté par le plus grand nombre, était passé au crible par les censeurs de l’époque.

Difficile dés lors de critiquer, bousculer, le pouvoir en place.

C’est dans ce contexte pas particulièrement désopilant que les premières Diableries (il y aura sept séries) firent leur apparition en 1860, sous l’impulsion de Louis Alfred Habert et Pierre Adolphe Hennetier (sculpteurs), de François Benjamin Lamiche (photographe) et assemblées bien plus tard par Adolphe Block (éditeur). La première série (A) constituant le plus gros de la collection. 

Et les références cachées au dit Empereur sont nombreuses, que cela soit son mariage (A8) ou le passage en revu de ses troupes (A11) etc, etc… 

Mais Diableries est aussi et surtout un bien bel ouvrage qui non seulement nous permet de découvrir ces images d’antan, mais également de les consulter avec un stéréoscope fabriqué par Brian May lui-même.

Il n’est pas vraiment aisé de voir l’image en 3D du premier coup, et un petit entraînement, expliqué en début d’ouvrage, est de rigueur. C’est vraiment toute une technique, et votre humble serviteur qui a un petit problème de vue, a tout de même réussi l’expérience (pour moi ce n’était vraiment pas gagné car j’ai en général un gros problème de perception avec ce procédé).

Je dois dire que le résultat est parfois bluffant (il y a une telle illusion de profondeur de champs par moment!). Et le texte qui accompagne la photo nous éclaire toujours sur le contexte historique, voir par moment religieux (L’enfer, Le Paradis, Le Purgatoire, Le Jugement Dernier… pour rappel ça ne rigolait pas vraiment avec Dieu en ce temps là) ou social (l’engouement du peuple pour les premières courses cycliste, la fête…)

Le succès à l’époque ne se fait pas attendre, et ces images joyeusement blasphématoire ont très vite le vent en poupe auprès du peuple qui y trouve là une sorte d’exutoire bien inoffensif.

Mais ça ne s’arrête pas là. On peut également poursuivre l’expérience Diableries via le site www.onenightinhell.com. On y trouve, en plus des dernières actus sur le sujet, des liens sur le court-métrage d’animation du même nom (bande originale de Brian May accompagné de l’Orchestre National Symphonique Tchèque… la classe internationale donc!), où l’on suit un héros tout en os et chapeau haut de forme déambulant, étui à guitare à la main, à travers plusieurs scènettes extraites des Diableries. Le métrage est suivi par un documentaire, Diableries Prenant Vie, où les trois auteurs du livre nous content la genèse du projet et l’équipe du film l’expérience et le défi technique du tournage.

One Night In Hell Trailer

Vous trouverez également des liens qui concernent l’application Diableries Ou Voyage Dans L’Autre Monde. Sympa pour qui veut prolonger la chose sur tablette. Il y a bien quelques échantillons d’images à observer au stéréoscope… mais même si l’appli est bien conçue et l’atmosphère sympa, elle n’est pas vraiment indispensable. Et elle est payante!

Et toi cher(e) lecteur(trice)? Connaissais-tu ou avais-tu déjà entendu parler de cet ouvrage? 

Merci de m’avoir lu!

JL

P.S : mes goûts, mes couleurs, je les expose sans vergogne sur mon compte Instagram sous le doux sobriquet de @forbiddenzine. Viiiens!!!

Halloween III – Season Of The Witch

Début des années 80.

Jugeant avoir fait le tour de la question avec les deux premiers opus de la série, John Carpenter s’est mis en tête de faire une autre série de film ayant pour toile de fond la fête d’Halloween, sans avoir systématiquement Michael Myers dans le rôle de la crevure. Le top départ de cette série voulue anthologique est donné par Halloween III – Season Of The Witch, réalisé par Tommy Lee Wallace (l’adaptation du Ça de Stephen King, c’est lui!). Il est superflu de s’embarrasser du titre Halloween III tant il est à part du reste de la série. Contentons nous de l’appeler Season Of The Witch.

Le film s’ouvre sur une info télé pas si anodine que ça, la disparition d’une pierre de neuf tonnes sur le site de Stonehenge. Rien que ça!

On embraye sur un employé d’une fabrique de masque d’Halloween, Silver Shamrock, qui meurt assassiné dans un hôpital à l’issue d’une poursuite par un mystérieux individu. L’homme tient dans sa main un masque de citrouille estampillé Silver Shamrock. Il aurait découvert selon toute vraisemblance quelque chose de pas très net dans ladite fabrique.

Dan Challis, (Tom « big moustache » Wilkins dans le rôle) le médecin en charge ce jour là sent qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire lorsqu’il est témoin de l’immolation de l’assassin dans son véhicule. Challis délaisse sa femme et ses gosses pour mener l’enquête à Santa Mira, bourgade californienne qui n’aurait pas dépareillé dans un épisode de la Quatrième Dimension, tant l’atmosphère qui règne en ce lieu est bizarre. Là sont fabriqués les masques Silver Shamrock. Notre héros sera secondé par la fille du défunt, avec laquelle il aura au passage une liaison.

Season Of The Witch est le vilain petit canard de la série, ce qui est fort dommage car il possède son lot de bonnes scènes malgré tout, la plupart lorsque l’action se déplace à Santa Mira. Que dire sans trop en dévoiler?

Il est surtout question de sorcellerie ancestrale dissimulée (masqué!) sous une grosse couche d’amusement populaire (voir ce spot que je vous met au défi de ne pas fredonner après visionnage du film) et de capitalisme triomphant. Sur ce dernier point, le film égratigne (un petit peu au passage, faut pas pousser non plus) l’emprise de ces grands groupes qui s’installent dans ces petites localités, par le biais d’une scène entre Challis et l’ivrogne du coin, qui déplore le manque d’ embauche des gens du cru.

Ici le mal absolu n’est pas masqué et n’avance pas aveuglément avec un couteau démesurément gros. Ici le mal absolu est incarné par un homme en complet veston du nom de Cochran. Il se fait une joie de refourguer à travers tout le pays des masques pas si inoffensifs que ça.

Cochran est secondé dans son business mortifère par des hommes de main bien inquiétants. Ils sont un peu une version adulte et costard cravate des mômes du Village Des Damnés.

Malgré un honnête métrage et un final ouvert que l’on présume apocalyptique, le film sera un bide. Et Michael Myers reviendra au quatrième épisode.
John Carpenter a plusieurs casquettes sur le métrage. Il compose d’abord la B.O avec son collaborateur régulier de l’époque, Alan Howarth. Les compères signent là l’une de leur meilleure partition. Carpenter a également le poste de producteur.

Donnez une chance à Season Of The Witch, ou une seconde chance si vous l’avez déjà vu, car il reste en soi un honnête divertissement.

JL

The clock is ticking! It’s almost time !

P.S : Le Fossoyeur De Films, sur sa chaine YouTube, en a fait une excellente critique. Et a mis le doigt sur un détail amusant, l’un des défauts du film, c’est à dire le surjeu de certains acteurs. C’est flagrant sur la scène où un représentant de commerce arrive avec sa petite famille et vient faire la causette à Challis.

Trick ‘r Treat

Réalisé en 2007 par Michael Dougherty et produit par Bad Hat Harry, la boîte de prod de Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men), Trick’r Treat est une bonne petite pépite horrifique. Voilà, je pourrai m’arrêter là car tout est dit. Mais comme j’aime vivre dangereusement, grand foufou que je suis…

Je vous avais parlé à l’occasion de mon premier post ici (non pas ici, ici… vous vous êtes perdu?) de ma volonté de vous présenter des œuvres du genre injustement peu (re)connu en nos contrées. Trick’r Treat est clairement le genre d’oeuvre qui tombe pile dans cette catégorie. Ce film n’a pas eu les honneurs d’une sortie salle (sauf en festival), ni dvd. Bref vive l’option dézonnage de platine pour pouvoir visionner la chose en Zone 1! Après vérification, le film est dispo sur le site vod de la marque à la pomme. Non ne me parlez pas de téléchargement illégal, je ne veux pas savoir ce que vous faites!

La jaquette du DVD proclame « The Best Halloween Film Of The Last 30 Years. » Rien que ça? Il est vrai qu’à part les suites du Halloween de Carpenter et de son remake, il n’y a pas vraiment eu de prétendant à ce titre.

Le Halloween de Carpenter parle d’un tueur masqué qui sévit pendant cette fête. Ce n’est qu’une toile de fond. Alors que Trick’r Treat, fondamentalement, et sans prétendre marcher sur les plates bandes de Big John, honore la dite fête! Ici il est moins question d’un tueur masqué (s’il n’y en avait qu’un!) que de faire participer le spectateur à la fête, de créer une sorte de connivence, dans la joie, le sang et la bonne humeur.

Trick’r Treat est une anthologie horrifique qui à l’inverse des conventions de ce sous genre utilise les mêmes unités de lieu et de temps. Il s’agit là moins d’une anthologie qu’un film chorale auquel on aurait ajouté de macabres atours.

Unité de lieu d’abord. Une petite ville dans l’Ohio. Unité de temps ensuite : de nos jours, pendant Halloween.

Une séquence pré-générique nous montre le funeste destin d’une femme peu encline aux traditions d’Halloween, à l’inverse de son conjoint. La scène est simple, efficace et donne la tonalité générale du métrage.

Viens le générique, très comic book, du plus belle effet, sur une musique qui fait furieusement penser à un savant mélange entre Bernard Herrmann (compositeur fétiche de Alfred Hitchcock) et Danny Elfman (compositeur sur les films de Tim Burton). La B.O composé ici par Douglas Pipes est génial!

On nous présente Charlie, un sale gosse qui écrase des citrouilles et vole des bonbons. Son sort sera peu enviable lorsqu’il croisera la route du proviseur Wilkins.

On suit ensuite une bande d’ados bas du front qui joue un sale tour à Rhonda « l’attardée » comme ils la nomment, dans une carrière abandonnée ou naguère un drame effroyable eut lieu. Cette histoire locale nous est contée par le biais d’un flash back à la fois visuellement beau, émouvant mais très cruel.

Fatalement les fantômes du passé n’ont pas dit leur dernier mot. Rhonda non plus.

Dans le troisième segment, Anna Paquin (True Blood) joue le rôle de Laurie, jeune femme réservée et déguisée en chaperon rouge pour l’occasion. Ses copines loin de l’être, réservées, branchent des mecs pour une petite sauterie.

Laurie nous est présentée comme la vierge du groupe de fille. (Attendez… Laurie. Vierge. Halloween. Hasard? Ah, ah!) En chemin, elle se fait coincer par un tueur en série. Mais la victime toute désignée a de la ressource et n’hésitera pas à montrer les crocs.

Le dernier segment nous conte l’ histoire d’un vieil homme, Mr Kreeg, retranché chez lui. Un petit farceur d’Halloween le harcèle dans son propre domicile. Mais il s’avère que le pauvre vieillard n’est pas aussi innocent qu’il n’y paraît.

Difficile d’en dire plus sans tomber dans le spoiler bête et méchant. Sachez seulemement que la structure du film n’est pas chronologique, un peu à la manière d’un Pulp Fiction. Ainsi on retrouve le petit couple de la séquence pré-générique un peu plus loin dans le métrage. Et certains personnages passent du rôle de victime à celui de bourreau ou vice versa… Etc, etc…

Et il y a Sam! Le fil rouge du film. Surtout ne pas contrarier Sam! Ce petit bonhomme ne supporte pas que l’on méprise sa fête. Petit diable qui personnifie à merveille cette tradition, il faut voir sa frénésie à punir les gens irrespectueux de l’événement (Attendez… Sam. Samhain. Halloween. Hasard? Ah, ah!)

Le film en soit ne fait pas peur, mais il est très très fun!

JL

Always check your candy!

P.S : si vous pouvez vous dégotter la B.O dans sa version vinyle, il y a un quatrième disque bonus qui retranscrit les ambiances entendues tout le long du film (chuchotement, vomissure, hurlement de loups à l’appui). Pas forcément indispensable mais sympa! Et le package a de la gueule :

Cool non?

Ouais, cooool!

Et le disque bonus.

Why Horror

Mon complétisme effréné me pousse parfois à acheter tout et n’importe quoi. Feast 2, par exemple, j’aurai pu m’abstenir de sortir mon portefeuille. Jeepers Creepers 2, je ne regrette rien. Des fois, je ne suis quand même pas maso : X-Men 3, j’en veux pas.

Ce réflexe complétiste m’a poussé à acheter Rec 4 : Apocalypse. Pas pire que le troisième, pas honteux, divertissant, sans plus. La surprise par contre vient du deuxième disque offert en supplément, qui n’a curieusement rien à voir avec le dit film.

C’est un documentaire intitulé Why Horror?, et qui suit Tal Zimerman, fondu de cinéma d’horreur, pigiste dans le génial mensuel canadien Rue Morgue, à la recherche d’une réponse à une question qui le taraude depuis son enfance, Why Horror?, donc. Pourquoi la peur, nous, spectateurs, on aime ça?

Et pour avoir une amorce de réponse convenable, le sieur Zimerman convoque du beau monde : John Carpenter, Georges Romero, les sœurs Soska, Alex de la Iglesia, Don Coscarelli, des collaborateurs du magazine… Que du beau monde.

C’est pertinent, drôle, et beaucoup d’amateurs du genre s’y reconnaîtront.

A voir!

Why Horror? trailer


L’Antre De La Folie

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La réalité n’est plus ce qu’elle était ma bonne dame, dixit un personnage du film (et le ma bonne dame c’est cadeau. De rien!)

L’Antre De La Folie, de John Carpenter, sort en France en 1995 et dans un circuit très restreint. Votre humble serviteur a vu ce petit bijou d’horreur surréaliste dans une toute petite salle. Et a pris une grosse grosse claque. Eh oui! Disons le d’emblée, In The Mouth Of Madness, son titre en version original, est son meilleur film tout du moins pour sa période 90’s.
En général, lorsqu’on aborde la filmo de John Carpenter, c’est toujours plus ou moins les mêmes titres qui reviennent. Halloween. The Thing. New York 97. Rarement L’antre De La Folie. Essayez autour de vous, vous verrez.
C’est pourtant loin d’être nul.

John Trent (Sam Neill), enquêteur en assurance, est chargé de retrouver Sutter Cane (Jurgen Prochnow), le plus gros écrivain d’horreur du moment, disparu sans laisser de trace avec son dernier manuscrit. Vous pouvez faire une croix sur Stephen King, Cane se vend beaucoup mieux ma bonne dame, dixit Linda Styles (Julie Carmen), agent littéraire de l’écrivain maudit (et le ma bonne dame, je vous l’offre. Non vraiment!)
Trent, à qui on ne l’a fait pas et qui flaire là un bon coup marketing, s’empare de l’affaire.

Voilà un point de départ des plus classique. Les choses se corsent lorsque Trent découvre la cache hypothétique de Sutter Cane. Hobb’s End, petite ville où l’auteur situe ses intrigues. Sauf que Hobb’s End est, selon toute logique, une ville fictive.
Mais comme toute logique est abolie au fur et à mesure du métrage, nous suivons donc John Trent secondé par Linda Styles, à Hobb’s End.

Et la, c’est un festival. Entre une vieille réceptionniste a priori avenante mais en fait non (Mme Pickman… Les fans de Lovecraft seront aux anges tant les références à l’auteur sont omniprésentes) des gamins monstrueux, un tableau qui ne reste jamais pareil d’une scène à l’autre, une église maudite… Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans cette petite ville. Sans trop en dévoiler, et comme le début du film le suggère, Trent ne ressortira pas indemne, mentalement s’entend, de cette visite à Hobb’s End.

Soyons honnête, quand on revoit L’Antre De La Folie aujourd’hui, il saute aux yeux que certains effets sont datés. Le film n’en reste pas moins d’une redoutable efficacité. La fin du film, nihiliste en diable, ne fait pas l’unanimité parmi ceux qui l’ont vu (je vous laisse juge) et pourtant elle est dans la logique du métrage.

JL

Lived any good books lately?