Diableries – Aventures Stéréoscopiques En Enfer (2013)

Un bel objet? Un beau livre? Les deux!

Diableries est né de la passion commune de Brian May (oui, on parle bien ici du guitariste du groupe Queen!), de Denis Pellerin, un historien français, et de Paula Fleming, américaine, historienne de la photographie et archiviste au Smithonian Institute, pour cette collection de cartes qui dépeint sous un angle caustique et politiquement engagé des tranches de vie situées en Enfer, avec dans le premier rôle le Diable en personne, secondé dans sa tâche par une troupe de joyeux (quoique) squelettes.

Ces Diableries, au delà de leur simple valeur artistique, ont ceci d’intéressant qu’elles fonctionnent par le biais du procédé appelé stéréoscopie. On peut ainsi consulter ces images de figurines d’argile, à la fois macabre et merveilleusement façonnées, à l’aide d’un appareil oculaire qui offre un rendu 3D de l’enfer et de ses habitants.

Les Diableries font leur apparition au 19ème siècle durant le Second Empire sous le règne de Napoléon III qui avait rétabli la censure en 1852. Chaque œuvres, informations, photographies, livres, satires… tout ce qui était possible d’être consulté par le plus grand nombre, était passé au crible par les censeurs de l’époque.

Difficile dés lors de critiquer, bousculer, le pouvoir en place.

C’est dans ce contexte pas particulièrement désopilant que les premières Diableries (il y aura sept séries) firent leur apparition en 1860, sous l’impulsion de Louis Alfred Habert et Pierre Adolphe Hennetier (sculpteurs), de François Benjamin Lamiche (photographe) et assemblées bien plus tard par Adolphe Block (éditeur). La première série (A) constituant le plus gros de la collection. 

Et les références cachées au dit Empereur sont nombreuses, que cela soit son mariage (A8) ou le passage en revu de ses troupes (A11) etc, etc… 

Mais Diableries est aussi et surtout un bien bel ouvrage qui non seulement nous permet de découvrir ces images d’antan, mais également de les consulter avec un stéréoscope fabriqué par Brian May lui-même.

Il n’est pas vraiment aisé de voir l’image en 3D du premier coup, et un petit entraînement, expliqué en début d’ouvrage, est de rigueur. C’est vraiment toute une technique, et votre humble serviteur qui a un petit problème de vue, a tout de même réussi l’expérience (pour moi ce n’était vraiment pas gagné car j’ai en général un gros problème de perception avec ce procédé).

Je dois dire que le résultat est parfois bluffant (il y a une telle illusion de profondeur de champs par moment!). Et le texte qui accompagne la photo nous éclaire toujours sur le contexte historique, voir par moment religieux (L’enfer, Le Paradis, Le Purgatoire, Le Jugement Dernier… pour rappel ça ne rigolait pas vraiment avec Dieu en ce temps là) ou social (l’engouement du peuple pour les premières courses cycliste, la fête…)

Le succès à l’époque ne se fait pas attendre, et ces images joyeusement blasphématoire ont très vite le vent en poupe auprès du peuple qui y trouve là une sorte d’exutoire bien inoffensif.

Mais ça ne s’arrête pas là. On peut également poursuivre l’expérience Diableries via le site www.onenightinhell.com. On y trouve, en plus des dernières actus sur le sujet, des liens sur le court-métrage d’animation du même nom (bande originale de Brian May accompagné de l’Orchestre National Symphonique Tchèque… la classe internationale donc!), où l’on suit un héros tout en os et chapeau haut de forme déambulant, étui à guitare à la main, à travers plusieurs scènettes extraites des Diableries. Le métrage est suivi par un documentaire, Diableries Prenant Vie, où les trois auteurs du livre nous content la genèse du projet et l’équipe du film l’expérience et le défi technique du tournage.

One Night In Hell Trailer

Vous trouverez également des liens qui concernent l’application Diableries Ou Voyage Dans L’Autre Monde. Sympa pour qui veut prolonger la chose sur tablette. Il y a bien quelques échantillons d’images à observer au stéréoscope… mais même si l’appli est bien conçue et l’atmosphère sympa, elle n’est pas vraiment indispensable. Et elle est payante!

Et toi cher(e) lecteur(trice)? Connaissais-tu ou avais-tu déjà entendu parler de cet ouvrage? 

Merci de m’avoir lu!

JL

P.S : mes goûts, mes couleurs, je les expose sans vergogne sur mon compte Instagram sous le doux sobriquet de @forbiddenzine. Viiiens!!!

Note D’Intention

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Ça va bien?
Ce blog ne prétend en aucun cas être un panorama exhaustif du genre fantastique.
N’attendez surtout pas un énième article sur The Shining de Stanley Kubrick, ni sur la cultissime série The Twilight Zone (La Quatrième Dimension en nos contrées). Des œuvres pour lequel j’ai le plus grand respect au demeurant.
La dernière production Marvel dopée aux gros FX… Pas ici, désolé.
Ma volonté ici est de traiter d’oeuvres connues quoique plus confidentielles ou carrément passé inaperçue, tout du moins ici en France. Des films, livres, b.ds, comics qui ne sont pas vraiment des chefs d’oeuvres ou considérés comme telle, mais qui ne déméritent pas non plus. Des œuvres réussies qui n’ont pas forcément rencontré leur public.
Si d’aventure je vous parle du King de l’horreur, n’attendez pas un sujet sur un hôtel hanté ou une lycéenne qui a un don de télékinésie, ni une étude approfondie de sa bibliographie. D’autres, blogueurs, fans, universitaires… l’ont déjà fait et bien mieux que moi.
Si par hasard je vous cause de Big John, cela ne sera sûrement pas pour faire une énième critique d’Halloween ou de The Thing.
D’ailleurs, pas de critique en ce lieu. Juste le point de vue d’un amateur du genre fantastique à destination d’autres amateurs du genre.
Si vous attendez que je vous parle de la dernière tendance… vous risquez d’attendre longtemps!

Très jeune je suis tombé à pieds joints dans le genre. Au début des années 90 plus précisément. J’écoutais, horrifié, le compte rendu de films d’horreur d’un mec de mon école. Appelons le Kevin. Si ça se trouve, il s’appelle vraiment comme ça. Kevin, donc, me racontait avec force détails et bien souvent bruitages évocateurs à l’appui, ses lectures de la défunte collection Gore (édition Fleuve Noir… Gore, Pocket Terreur, voir J’ai Lu Épouvante sont des collections qui manquent cruellement dans les rayonnages de nos librairies. Heureusement que l’on peut encore se rabattre sur les bouquinistes ou les vide-greniers).
Durant la même période, je regardais le film d’horreur du samedi soir 23h00 sur Canal + (sauf le premier samedi du mois… Allez savoir pourquoi!) J’ai pu voir des œuvres, essentielles, comme Freddy 5 L’enfant Du Cauchemar, Simetierre, Killer Klowns From Outer Space… Essentielles je vous dis.
A la même époque, j’ai vu sur grand écran Le Silence Des Agneaux. J’en suis ressorti de la salle blême et avec le sentiment d’avoir vécu une expérience cinématographique marquante. Quelques années auparavant, Les Incorruptibles de De Palma m’avait procuré la même sensation. Et je les revisionne encore aujourd’hui avec le même plaisir.
Dans la foulée, je lisais mon premier Mad Movies, n°72, numéro d’été, avec Freddy, encore lui, en couverture. Je ne vous ferais pas le sempiternel refrain « Mad Movies c’était mieux avant ». Un jeune qui découvre Mad Movies là maintenant vous dira exactement la même chose dans 20 ans.
Je crois que le même été, je lisais mon premier Stephen King. Dead Zone. La claque.

Ma volonté ici est de proposer un blog sans prétention et passioné (il aura au moins ce mérite s’il n’est pas passionnant) sur le genre fantastique.
Bienvenue!

JL

P.S : le nom de ce blog est un détournement du film Forbidden Zone de Richard Elfman, frangin du Danny du même nom, lui même compositeur attitré du réalisateur Tim Burton que vous connaissez a n’en point douter.

It’s only a movie!