Spaced (1999-2001)

Il y aurait donc eu en nos contrées une diffusion de l’excellentissime série Spaced du non moins excellentissime réalisateur Edgar Wright (Shaun Of The Dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim, Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, et Baby Driver dernièrement). Sur la chaîne Comédie et sous le titre Les Allumés.

Sorti en 1999 et bien avant que le geekisme ne soit tendance, Spaced série coécrite par Simon Pegg et Jessica Stevenson, fait son entrée dans la petite lucarne Outre Manche sur Channel 4.

L’histoire est simple. Lui, Tim Bisley (Simon Pegg, formidable), auteur et vendeur de comics, fan de skate,Star Wars et Gillian Anderson, se fait douloureusement plaquer par sa petite amie et dès lors se retrouve à la rue. Elle, Daisy Steiner (Jessica Stevenson, formidable) écrit et est à la recherche d’un logement. Ils se rencontrent, font front commun, compulsent les petites annonces ensemble. Il y a bien une annonce intéressante mais la logeuse recherche un couple. Advienne que pourra, Tim et Daisy se font passer pour un couple. Ils pousseront même assez loin leur préparatif concernant leur passif ensemble dans une scène jubilatoire.

Viendront se greffer au fur et à mesure de l’histoire une galerie de personnages haut en couleur et attachant. Il y a d’abord, Marsha (Julia Deakin), la logeuse au phrasé si particulier, en conflit permanent avec sa fille. Mike ensuite (Nick Frost), copain de Tim, militaire tout en moustache et treillis, recalé de l’armée pour avoir voulu envahir Paris avec un tank (!?!) et distrait in extremis dans sa mission par… EuroDisney! Brian (Mark Heap) lui, est l’artiste décalé et torturé du rez-de-chaussée. Et qui accessoirement a eu une liaison de courte durée, et pas vraiment torride, avec Marsha. Et Il y a Twist (Katy Carmichael), la bonne copine fashion victime et superficielle (en clair un vrai cliché ambulant) de Daisy.

Cette amorce d’histoire pourrait rester simpliste si les auteur(e)s n’étaient pas doué d’un réel sens du timing comique et d’une connaissance inouïe des codes du cinéma de genre et de la pop culture. Car oui, Spaced n’est pas une sitcom qui avance sans risque d’un point A à un point B. Les clins d’oeil au 7éme art sont légions et la réalité dérape en permanence.

C’est bien simple, les références pleuvent à chaque épisode, évidentes ou obscures, dans les dialogues ou les images, ou par un simple effet de mise en scène. On a en vrac Jurassic Park, Star Wars, Resident Evil, Sixième Sens, Matrix, Grease… la liste est très très loin d’être exhaustive.

Dans l’une des scènes d’ouverture d’un épisode de la saison 2, Brian, photographe à ses heures, développe une série de clichés prise lors de la fête d’anniversaire de Daisy. Brian découvre avec effroi quelques détails, primordiaux pour le reste de l’épisode. La scène aurait pu en rester là. Sauf que l’habillage sonore de la séquence reprend celui de la scène d’intro de Massacre à la Tronçonneuse (le bruit de l’appareil photo qui prend des clichés des cadavres, ponctué d’un son à la fois strident et macabre).

On a ici un numéro d’équilibriste permanent, hommages et citations venant s’intégrer à merveille à la narration des 14 épisodes (voir le gunfight mimé dans l’allée façon John Woo, un pur moment régressif!), le tout dynamisé par une distribution d’une coolitude absolue. Un casting excellent autant dans les personnages principaux que les seconds couteaux (Peter Serafinowicz en tête, dans le rôle du rival tête à claque de Tim, et qui a accessoirement un rire bizarre qui tient plus de l’extase que du rire franc!)

On peut aussi constater, au détour de certaines scènes, des effets de styles qui seront récurrents dans les métrages d’Edgar Wright.

Spaced n’aurait pu être qu’une énième sitcom impliquant une bande de potes qui se coltinent le quotidien et ses petits tracas. Mais, entre les persos dont on se sent vraiment proche, les situations tellement familière… alors oui c’est là le principe des sitcoms… sauf qu’ici on a ce petit quelque chose, ce petit supplément d’âme, ces envolées à la fois surréaliste et tellement drôle, qui font toute la différence.

Bref, si ce n’est pas encore fait, jetez vous sur Spaced (pour l’avoir revu dernièrement pour cet article, je trouve que la série vieillit vraiment bien, et c’est sympa de voir Pegg et Frost à leur début), et pour ceux qui connaissent déjà, vos retours sont les bienvenus!

JL

Pulp Fiction à peu près…

Publicités

Note D’Intention

image

Ça va bien?
Ce blog ne prétend en aucun cas être un panorama exhaustif du genre fantastique.
N’attendez surtout pas un énième article sur The Shining de Stanley Kubrick, ni sur la cultissime série The Twilight Zone (La Quatrième Dimension en nos contrées). Des œuvres pour lequel j’ai le plus grand respect au demeurant.
La dernière production Marvel dopée aux gros FX… Pas ici, désolé.
Ma volonté ici est de traiter d’oeuvres connues quoique plus confidentielles ou carrément passé inaperçue, tout du moins ici en France. Des films, livres, b.ds, comics qui ne sont pas vraiment des chefs d’oeuvres ou considérés comme telle, mais qui ne déméritent pas non plus. Des œuvres réussies qui n’ont pas forcément rencontré leur public.
Si d’aventure je vous parle du King de l’horreur, n’attendez pas un sujet sur un hôtel hanté ou une lycéenne qui a un don de télékinésie, ni une étude approfondie de sa bibliographie. D’autres, blogueurs, fans, universitaires… l’ont déjà fait et bien mieux que moi.
Si par hasard je vous cause de Big John, cela ne sera sûrement pas pour faire une énième critique d’Halloween ou de The Thing.
D’ailleurs, pas de critique en ce lieu. Juste le point de vue d’un amateur du genre fantastique à destination d’autres amateurs du genre.
Si vous attendez que je vous parle de la dernière tendance… vous risquez d’attendre longtemps!

Très jeune je suis tombé à pieds joints dans le genre. Au début des années 90 plus précisément. J’écoutais, horrifié, le compte rendu de films d’horreur d’un mec de mon école. Appelons le Kevin. Si ça se trouve, il s’appelle vraiment comme ça. Kevin, donc, me racontait avec force détails et bien souvent bruitages évocateurs à l’appui, ses lectures de la défunte collection Gore (édition Fleuve Noir… Gore, Pocket Terreur, voir J’ai Lu Épouvante sont des collections qui manquent cruellement dans les rayonnages de nos librairies. Heureusement que l’on peut encore se rabattre sur les bouquinistes ou les vide-greniers).
Durant la même période, je regardais le film d’horreur du samedi soir 23h00 sur Canal + (sauf le premier samedi du mois… Allez savoir pourquoi!) J’ai pu voir des œuvres, essentielles, comme Freddy 5 L’enfant Du Cauchemar, Simetierre, Killer Klowns From Outer Space… Essentielles je vous dis.
A la même époque, j’ai vu sur grand écran Le Silence Des Agneaux. J’en suis ressorti de la salle blême et avec le sentiment d’avoir vécu une expérience cinématographique marquante. Quelques années auparavant, Les Incorruptibles de De Palma m’avait procuré la même sensation. Et je les revisionne encore aujourd’hui avec le même plaisir.
Dans la foulée, je lisais mon premier Mad Movies, n°72, numéro d’été, avec Freddy, encore lui, en couverture. Je ne vous ferais pas le sempiternel refrain « Mad Movies c’était mieux avant ». Un jeune qui découvre Mad Movies là maintenant vous dira exactement la même chose dans 20 ans.
Je crois que le même été, je lisais mon premier Stephen King. Dead Zone. La claque.

Ma volonté ici est de proposer un blog sans prétention et passioné (il aura au moins ce mérite s’il n’est pas passionnant) sur le genre fantastique.
Bienvenue!

JL

P.S : le nom de ce blog est un détournement du film Forbidden Zone de Richard Elfman, frangin du Danny du même nom, lui même compositeur attitré du réalisateur Tim Burton que vous connaissez a n’en point douter.

It’s only a movie!